Yémen : la coalition Arab affirme contrôler l’aéroport d’Hodeïda

Le Magazine ; 16/06/2018
© AFP | Des forces pro-gouvernementales font feu en direction de l’aéroport d’Hodeïda le 15 juin 2018.

Texte par FRANCE 24 

Dernière modification : 16/06/2018

Deux jours après le lancement d’une offensive des forces pro-gouvernementales yéménites dans la ville d’Hodeïda, avec l’appui de la coalition menée par l’Arabie saoudite, les troupes ont annoncé, samedi, contrôler l’aéroport.

Les forces yéménites soutenues par la coalition militaire formée par l’Arabie saoudite, qui ont lancé il y a deux jours la plus vaste offensive du conflit en direction de la ville portuaire d’Hodeïda, ont annoncé, samedi 16 juin, avoir pris le contrôle de l’aéroport.

“Les forces armées soutenues par la résistance et la coalition arabe ont libéré l’aéroport international d’Hodeïda de l’emprise de la milice houthie”, a ainsi écrit l’armée sur Twitter, ajoutant que des équipes techniques étaient en train de déminer la zone.

Deux représentants de l’armée yéménite et un habitant avaient annoncé la veille à Reuters que les forces yéménites avaient pris le contrôle de deux entrées de l’aéroport.

Le port, crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire dans le pays

Vendredi, les avions de la coalition ont pilonné les zones côtières au sud-est de la ville tenue par les rebelles chiites. Ils ont aussi ciblé les tireurs d’élite houthis placés dans les écoles et d’autres bâtiments du quartier de Manzar, ont affirmé des habitants de ce quartier, qui jouxte l’aéroport d’Hodeïda. Des dizaines d’habitants ont fui le quartier de Manzar pour rejoindre le centre de la ville.

Selon des sources médicales, 23 civils ont été blessés lors des combats dans le quartier de Manzar et 12 soldats des forces loyalistes ont été tués lors d’une attaque des rebelles houthis sur la route côtière au sud de la ville. Depuis le début de l’offensive, le 13 juin, 118 rebelles et 21 membres des forces loyalistes ont été tués dans les combats.

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L’offensive lancée sur Hodeïda risque d’aggraver une situation humanitaire catastrophique au , où la population est à bout de forces.

C’est par le port d’Hodeïda que transite une bonne partie des importations mais aussi l’aide destinée à la population.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé que le port de la ville, par où transite l’essentiel des marchandises importées, reste ouvert pour éviter que ne s’aggrave une crise humanitaire déjà considérée comme la “pire au monde”. Il est crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire dans le pays.
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Quelque 600 000 personnes vivent à Hodeïda et dans ses environs. Les quatre-cinquièmes des biens de première nécessité importés au Yémen transitent en effet par son port. Selon l’organisation, 22 millions de Yéménites ont besoin d’une aide d’urgence et 8,4 millions sont déjà menacés par la famine.

“Nous n’avons pas l’intention de détruire l’infrastructure”

“Nous ne sommes pas en train de nous approcher du port [et] nous n’avons pas l’intention de détruire l’infrastructure”, a dit le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled Alyemany, lors d’une conférence de presse à New York. “Le port est totalement en dehors des opérations, aujourd’hui”, a-t-il insisté.

YÉMEN : COMMENT SORTIR DU CYCLE DE LA VIOLENCE ?

La coalition dirigée par Riyad intervient au Yémen depuis mars 2015 pour aider le pouvoir du président Hadi à stopper la progression des rebelles houthis qui occupent de vastes régions dont la capitale, Sanaa.

Dans cette guerre qui a fait près de 10 000 morts en plus de trois ans, la bataille de Hodeïda est la plus importante depuis l’offensive de l’été 2015, qui avait permis aux forces pro-gouvernementales de reprendre aux rebelles plusieurs régions du sud du pays, dont Aden, la deuxième ville du Yémen.

>> À voir : Au Yémen, une guerre à huis clos

Des ONG internationales ont écrit au président français, Emmanuel Macron, afin d’alerter que l’assaut sur Hodeïda “aurait probablement des conséquences catastrophiques sur la population civile”. Dans ce contexte, les organisations jugent “inconcevable” de maintenir une conférence humanitaire sur le Yémen prévue fin juin à Paris. Mais la France a réaffirmé son souhait de l’organiser.

Avec AFP et Reuters

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